Intervenants du film

Dr Raymond Moody, Psychiatre et philosophe

Dr Raymond Moondy
En 1976, le psychiatre américain Raymond Moody publiait « La vie après la vie ». Traduit en 26 langues et vendu à 20 millions d’exemplaires, son livre a ouvert une voie de recherche phénoménale sur les expériences de mort imminente.

Plus de 30 années se sont écoulées, les tabous sont levés et les témoignages affluent encore plus nombreux et troublants. Aujourd’hui, des études cliniques sont menées par des neurologues, des médecins, des cardiologues et des réanimateurs. De nouvelles pistes semblent confirmer leurs hypothèses.

 

Dr Pim van Lommel, Cardiologue

Dr Pim Van LommelLes médicaments de type kétamine et les endorphines n’expliquent pas les EMI.

Le cardiologue néerlandais Pim van Lommel a mené une étude dans dix hôpitaux des Pays- Bas, sur 344 patients ayant survécu à un arrêt cardiaque. Les résultats de l’étude révèlent qu’il n’y a aucune corrélation entre la fréquence des EMI et les médicaments administrés, la peur de la mort avant l’expérience, la connaissance préalable des EMI, ni même la religion, ou l’éducation.

Cependant, une expérience de mort imminente est plus fréquemment rapportée par des patients d’âge inférieur à 60 ans, ce qui peut impliquer la nécessité d’avoir une bonne mémoire pour pouvoir rapporter ce vécu. Cette étude à été publiée dans la revue médicale « The Lancet » en décembre 2001. Ces interrogations amènent certains chercheurs depuis quelques années à s'interroger sur la conscience. Est-elle vraiment localisée dans notre cerveau ? « Ce concept a toujours été admis mais n’a jamais été prouvé scientifiquement », précise le Dr Pim Van Lommel lors de sa conférence au colloque de Martigues.

 

Pr. Olaf Blanke , Neurologue

Pr. Olaf BlankeUn dysfonctionnement du cerveau ?
En activant par des électrodes une zone du lobe temporal droit du cerveau d'une de ses patientes atteinte d'épilepsie, le neurologue suisse Olaf Blanke s'est rendu compte par hasard qu'il provoquait chez elle des sensations de flottement et d'élévation, typiques des sorties hors du corps qui correspondent à la première phase des expériences de mort imminente. Le Pr Blanke émet l’hypothèse que cette expérience serait la conséquence d’un trouble de l’intégration des informations sensorielle dans la jonction temporo-pariétale droite du cerveau.

 

Irène Badini, témoin

Irène BaldiniVoir sans les yeux ?

C’est lors d’un accident de voiture qu’Irène Badini a perdu l’usage de ses yeux pendant plusieurs années. Alors qu’elle était dans le coma et non voyante au moment des faits, Irène a perçu deux internes qui lui dérobaient ses bijoux lors d’un examen radiologique. Elle a pu récupérer ses bijoux grâce à la description précise des deux internes qu’elle donna au responsable de l’hôpital.

 

Les chercheurs face à un nouveau paradigme ?

Cibles cachéesTraquer la conscience pour savoir où elle se trouve, tel est l’objectif de nombreux chercheurs à travers le monde comme le Dr Sam Parnia, Peter Fenwick et le Dr Jean-Pierre Postel, anesthésiste réanimateur, chef de service à l’hôpital de Sarlat en Dordogne. Sam Parnia a lancé une étude en Grande-Bretagne en 2001 avec un protocole de « cibles cachées » dans les services de réanimation (visibles seulement du dessus). Son protocole a été affiné et relancé pour être conduit depuis 2008 dans 25 hôpitaux en Amérique du Nord et en Europe.

 

Dr Jean Pierre Postel, anesthésiste-réanimateur au centre Hospitalier de Sarlat

Dr Jean Pierre Postel« Je pense que nous sommes à une époque qui évolue beaucoup en matière d’interrogations sur la vie. Nous avons connu le XXe siècle, une page est tournée et je pense que l’on ira de plus en plus vers les questions fondamentales avec des moyens d’y répondre, ce que l’on n’avait pas forcément avant », souligne le Dr Jean-Pierre Postel. Pour cela il a fallu mettre au point un protocole sans faille. L’idée principale consiste à disposer une cible dans une boîte ou une enveloppe scellée placée dans le service des urgences et dans quelques chambres de réanimation de l’hôpital de Sarlat. « L’objectif n'est pas de montrer l’existence réelle d’une vie post-mortem, mais la possibilité d’un mode non-standard de perception de la conscience aux approches de la mort », ajoute Jean-Pierre Postel. Concrètement cela signifie que si, lors d’un arrêt cardiaque par exemple, la personne parvient à voir la cible cachée, nous serons alors face à un nouveau paradigme qui risque fortement de remettre en cause quelques fondements de la science.

 

Dr Eric Dudoit, Psychologue Clinicien au Centre Hospitalier Universitaire de la Timone à Marseille

Dr Eric DudoitA l’hôpital de la Timone à Marseille, et plus particulièrement au sein de l’unité de soins et de recherche sur l’esprit dirigée par le Dr Eric Dudoit, psychologue clinicien, l'objectif est de reprendre la recherche depuis le début en essayant d'obtenir une validation française de l’échelle d’évaluation clinique de Greyson, qui consiste en l’analyse de l’expérience vécue, puis l’observation du changement de valeurs du sujet et enfin son impact sur l’entourage. « Nous pourrions vraiment ouvrir toutes les questions de psychopathologies sur ce qui fait qu’un être humain ne se sent pas bien, est atteint de névrose, voire de psychose. Est-ce qu'il n’y aurait pas là un problème de délocalisation de la conscience qui n’arriverait pas à se rétablir », se demande le Dr Eric Dudoit.

 

Quelles en seraient les implications ?

« Cela apportera un jour nouveau sur la conception de la pensée, sur ce qu’est l’être humain par rapport à l’univers. Quelle est sa place ? Existe-t-il autre chose ? Je crois que la physique quantique nous a ouvert pas mal de voies, et il est permis de penser que la vie humaine n’est qu’une étape », estime le Dr Jean-Pierre Postel.

 

Il est certain que si l’hypothèse selon laquelle la conscience fonctionnerait indépendamment de notre cerveau venait à être validée, cela aurait des conséquences incalculables. Toutes nos références s’effondreraient ; il s'ensuivrait une révolution plus importante que l'héliocentrisme, et cela aurait des implications dans tous les domaines. Nous savons également qu'à la suite de cette expérience certaines personnes ont eu des rémissions spectaculaires de maladies graves. N’y a-t-il pas là aussi des pistes à explorer pour la recherche ? Pour aller plus loin, nous pouvons imaginer qu’en comprenant mieux la conscience, son fonctionnement et sa nature, nous pourrons mieux comprendre les maladies liées à ses dysfonctionnements, telles que les maladies psychiatriques, la schizophrénie, la dépersonnalisation, etc.

 

L’hôpital de Sarlat et l’hôpital de la Timone, deux centres hospitaliers précurseurs qui vont peut-être nous apporter des explications sur ce phénomène et nous permettre de l’associer enfin soit à un mythe, soit à une réalité.

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