Conscience délocalisée

Une conscience délocalisée ?

Dr. Sam ParniaLe Dr Sam Parnia, spécialiste en soins intensifs, en médecine interne et respiratoire, prend le relais de son collègue batave. Lui aussi a travaillé sur le modèle de l'arrêt cardiaque, « puisque par définition les patients ont dans ce cas les critères cliniques de la mort : le cœur ne bat plus, la personne ne respire plus et le cerveau cesse de fonctionner en l'espace de quelques secondes. » Le Dr Parnia se sait très attendu sur sa fameuse expérience des "cibles cachées" (images) disposées dans des salles de l'hôpital de Southampton. Il raconte avec beaucoup d'humour comment ce protocole a pu être mis en place. A un certain point, il a dû faire croire que ces panneaux accrochés au plafond étaient destinés à recueillir la poussière, pour une étude sur l'hygiène dans l'hôpital. Malheureusement, aucun patient n'a perçu les cibles parmi les 4 qui ont eu une EMI dans le cadre de l'étude.



Cette approche demande à être affinée mais Sam Parnia a eu le mérite d'aller jusqu'au bout de son idée. Les autres conclusions de l'étude rejoignent celles de Pim van Lommel. « Quand on parle de cerveau qui cesse de fonctionner pendant l'espace de 10 secondes, ça peut être assez long pour faire une expérience rapide, ou à la reprise de conscience. Mais ça pose un autre problème. Tout d'abord, quand les patients ont une lésion cérébrale, cela va occasionner un état de confusion. Or, les patients qui font une EMI ne sont pas confus. C'est très clair et très lucide. Et quand le cerveau est lésé, on a aussi des amnésies, y compris sur les événements qui se sont produits juste avant ou juste après. Mais avec les EMI, on a des souvenirs très clairs. Plus important encore, il y a des gens qui reviennent et qui nous décrivent très précisément des choses qui se sont produites 5 à 30 minutes après l'arrêt cardiaque, pendant la réanimation. »

Les EMI peuvent-elles être des hallucinations ? Le problème est de définir ce qui est réel. « L'amour maternel est-il réel, comment le définir ? » Si on stimule une certaine zone du cerveau, une mère va continuer à ressentir de l'amour maternel, mais « est-ce que ça signifie pour autant que l'amour maternel est une hallucination ? » Donc l'EMI, ou ne serait-ce que son déclenchement, est nécessairement corrélée à des modifications dans le cerveau, mais cela ne dit rien de sa réalité ou non-réalité.

 

Dr Jean Jacques CharbonierAnesthésiste-réanimateur à Toulouse, le Dr Jean-Jacques Charbonier nous a fait part d'étranges expériences qu'il a vécues dans le cadre de sa pratique professionnelle. Dans deux cas distincts, il lui a semblé que s'établissait une forme de communication entre lui et son patient plongé dans le coma. Cette communication a pris la forme "d'idée obsédante", l'amenant à effectuer des gestes que son entourage professionnel jugeait alors inutiles ou déplacés, et qui pourtant avaient du sens. L'une parmi ces patients, dont la vie a ainsi été sauvée, lui a confirmé ensuite qu'elle tentait bien de lui transmettre un "message". Ce genre de témoignages n'est pas rare parmi les professionnels de santé, et il sera intéressant de mener une étude rigoureuse à ce sujet.

Dr Jean Pierre JourdanPour sa part, le Dr Jean-Pierre Jourdan recueille des témoignages d'EMI depuis près de 20 ans, notamment dans le cadre de Iands-France, et a entrepris d'en éplucher un aspect en particulier, qui concerne l'expérience "hors-du-corps". Le résultat de son analyse des témoignages, au mot et à la virgule près, est frappant de pertinence et d'élégante simplicité, ce qui est un critère essentiel d'une bonne théorie scientifique. Pour l'heure il ne s'agit que d'un modèle, mais Jean-Pierre Jourdan a certainement mis le doigt sur une caractéristique majeure de l'expérience hors-du-corps, qui est de se dérouler dans une 4 ème dimension spatiale. "Tout se passe comme si" on montait dans une dimension supplémentaire, comme un être à deux dimensions qui s'élèverait dans la 3 ème dimension, prenant de l'épaisseur. Cette simple analogie permet de rendre compte de façon extrêmement précise des témoignages qui font état de composantes semble-t-il absurdes : passer à travers les murs, voir dans toutes les directions à la fois et depuis tous les endroits à la fois, voir en transparence, "zoomer" sur des parties du champ visuel (illimité), être partout et nulle part à la fois, etc. Autant d'effets de perspective qui se comprennent lorsque l'on quitte son univers en 3D pour se déplacer et "s'élever" de plus en plus dans une 4 ème dimension spatiale. Mais celle-ci englobe également le temps, de sorte qu'il s'agit plutôt d'une "5 ème dimension".

L'assistance est partagée face à cette démonstration. On ne sait pas si le modèle est génial ou au contraire naïf. En fait, c'est la première réponse qui est la bonne et l'avenir nous le confirmera sans aucun doute possible.

 

Raymond Moody avoue qu'il n'a pas l'esprit géométrique, mais il pense que Jean-Pierre Jourdan a fait un pas tout à fait considérable avec sa modélisation des perceptions hors-du-corps.

 

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